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Il est arrivé, il est tout frais. Je n’avais jamais eu l’honneur, comme certains, de participer à l’exclu du classement Wikio. C’est désormais chose faite avec en exclusivité le classement Wikio Suisse de Mars 2011.
Publié dans Life, News, Suisse | Tagué Blog, wikio | 5 Commentaires »
Nicolas Sarkozy semble souhaité nous faire revivre 2007, avec une campagne axée sur les valeurs chrétiennes de la France, enfin… sa France. Il l’a montré aujourd’hui au Puy-en-Velay.
“C’est parce qu’on assume notre histoire qu’on peut être tolérant et ouvert à la diversité. Et je crois que c’est quand on nie son identité que l’identité se venge et aboutit à l’intolérance” affirme Laurent Wauquiez, ministre et maire de Puy-en-Velay. Mais M. Wauquiez, par cette phrase vous anéantissez tout ce que l’UMP veut nous faire croire, c’est-à-dire affirmer que la République française est d’identité laïque ET chrétienne. Il n’en est rien. La France a une identité laïque, forgé dans une région historiquement chrétienne depuis plusieurs siècles. Son identité regroupe celles de l’ensemble de ses citoyens et en fait sa richesse. Alors non, la France n’a pas une identité chrétienne, elle a une identité laïque, est historiquement de valeurs chrétiennes, dû à sa situation géographique, est composée et influencée, dans sa population, par de nombreuses religions, dont des religions monothéistes, mais aussi par l’athéisme et l’agnosticisme.
Alors si pour vous, c’est lorsque que l’ « on nie son identité que l’identité se venge et aboutit à l’intolérance », vous niez l’identité de la France, sa diversité, sa richesse culturelle, vous êtes dès lors ici l’intolérant cher M. Wauquiez.
Crédit photo: MAEE – F. de La Mure on Flickr.com
Publié dans France, Freedom, Life, News, Politics | Tagué Wauquiez | 3 Commentaires »
Les deux députées européennes Eva Joly et Michèle Rivasi (Europe Ecologie-Les Verts) ont demandé une enquête administrative sur l’Agence européenne des médicaments (EMA) qu’elles soupçonnent de “complaisance” à l’égard du laboratoire Servier. Parlant de “défaillance de la surveillance du médicament au niveau européen”, la sûrement candidate d’Europe-Écologie pour la présidentielle de 2012, et Michèle Rivasi ont relevé mercredi au cours d’un point de presse que plusieurs postes clés touchant à la pharmacovigilance et à l’évaluation des médicaments au sein de l’Ema avaient été occupés par des Français.
Elles ont ainsi mentionné que le Comité des médicaments à usage humain (CHMP), commission de vigilance de l’Ema, est présidé depuis 2007 par Eric Abadie, qui fut directeur des affaires médicales du syndicat des industries pharmaceutiques avant d’occuper des postes à l’Afssaps. “Il ne peut pas crédiblement continuer à diriger ce comité”, a estimé Eva Joly, qui a demandé sa démission.
De 1995 à 2000, le président du même comité était Jean-Michel Alexandre, en même temps directeur de l’évaluation du médicament à l’Afssaps. Après 2000, il deviendra, selon le rapport de l’Igas (Inspection des affaires sociales), “consultant pour l’industrie pharmaceutique, notamment pour les laboratoires Servier”. Le conflit d’intérêt semble dès lors très clair.
Les députées soulignent qu’en 1999 l’Ema a interdit toute une série de coupe-faim, “mais pas le Mediator”. Les membres d’Europe Écologie se questionnent alors : “Les représentants de l’Afssaps (agence sanitaire française du médicament) au sein de l’Ema ont-ils usé de leur influence pour éviter de nuire au laboratoire Servier ? Faut-il parler de complaisance ? De collusion ? De corruption ? De prise illégale d’intérêts ?”
Elles ont demandé à l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), un service d’enquêtes indépendant de la Commission européenne, d’enquêter sur les éventuels conflits d’intérêts nationaux qui seraient intervenus dans l’affaire. L’Olaf se donne un mois pour accepter ou non cette demande, et son enquête durerait un maximum de neuf mois. Les deux députées européennes ont par ailleurs regretté le manque de soutien des socialistes européens dans cette affaire, qui en restent, selon elles, à la défense des laboratoires pharmaceutiques “au nom de l’emploi”.
Il faut noter ici que quand bien même la position de la délégation socialiste au Parlement Européen n’est pas associée à celle d’Eva Joly et Michèle Rivasy, les membres du PSE ont à plusieurs reprises pris position sur le sujet. En témoigne les différentes interventions de Gilles Pargneau.
La position des deux eurodéputés doit-elle être interprétée en vue de 2012 ? Grande question…
Crédit photo: Marte Ødegaard on Flickr.com
NB: Cet article est largement inspiré de la revue de presse du Parti Socialiste.
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Jusque-là, lorsque l’on souhaitait engendrer une révolution dans un pays tiers, les puissances extérieures utilisaient la diplomatie classique, les transferts financiers et logistiques, comme ce fut le cas lors de la Révolution Orange en Ukraine notamment. On a pu le voir lors des évènements en Tunisie et en Égypte, Internet y a joué un rôle majeur, les réseaux sociaux principalement.
En Tunisie, la révolution s’est organisée autour de Facebook principalement et Twitter dans une moindre mesure. Le régime d’Hosni Moubarak a quant à lui commis l’acte le plus liberticide du monde au regard de l’accès à Internet, selon Libération. Le Monde Diplomatique établit que « Ni la Birmanie en 2007, ni la Chine en 2008, ni l’Iran en 2009 ne seraient allés aussi loin que l’Égypte face à la contestation sur la toile. Seul le pays du raïs despote a totalement coupé l’accès au réseau, pour les neuf dixième des 23 millions d’internautes égyptiens ayant un accès occasionnel ou régulier au Web — dont cinq millions d’inscrits au réseau social Facebook ».
Cinq jours plus tard, « les autorités égyptiennes choisissent de rétablir l’accès au réseau. La veille, Google avait lancé la possibilité de tweeter par téléphone, contournant ainsi le blocage. Il suffit aux opposants égyptiens d’appeler un numéro téléphonique pour laisser des messages vocaux, qui sont aussitôt retransmis sur Twitter. L’occultation numérique des événements n’est alors plus possible ; l’arrestation de Wael Ghonim, le responsable marketing de Google au Proche-Orient (qui sera porté en triomphe sur la place Tarhir après sa libération), se révèle vite totalement inadaptée à la situation ».
L’armée et le pouvoir égyptien s’est également servi de ces services de télécommunications pour appeler à la délation et minimiser le mécontentement sur le pouvoir. Mais comment se fait-il que du jour au lendemain, des milliers de personnes se ruent sur les réseaux sociaux pour organiser des révolutions, sans appui direct de puissances extérieures. Beaucoup pourrait admettre que ces révolutions, par les canaux qu’elles ont utilisés, sont le fruit de la population seule. Il n’en est rien.
En effet depuis les primaires démocrates américaines, Barack Obama a intégré dans son équipe un spécialiste du web : Alec Ross. C’est lui qui a mis sur pied la campagne 2.0 d’Obama, celle qui lui a permis de s’attirer de nombreux votes. « Agé de 39 ans, ce grand blond a pensé et coordonné tout le programme numérique de la campagne d’Obama. Au Département d’État, Alec Ross révolutionne les méthodes de la diplomatie mondiale par l’usage des nouvelles technologies. […] Sur place en Égypte et en Tunisie, Ross et ses équipes ont au préalable armé financièrement et technologiquement des milliers de geeks avides de liberté. Des leaders 2.0 comme le blogueur tunisien Slim Amamou, devenu secrétaire d’Etat à la Jeunesse, témoignent de l’activisme américain auprès des défenseurs de la liberté d’expression arabes ».
Cette diplomatie digitale, Washington l’a bien compris et l’utilise à souhait, débloquant 30 millions de dollars sans frémir. Condolezza Rice avait à cœur un nouveau Proche-Orient, une grande intervention armée permettant de renverser les dictatures et d’imposer la démocratie, tout en y ajoutant les intérêts américains. Obama reprend le même principe, en théorie seulement. Dans les faits ces révolutions sont perçues comme émanant du peuple, de la base, sans interventions extérieures. Elles sont réalisées par le peuple et pour le peuple. La démocratie s’en sort renforcée, le peuple écouté. Mais le problème avec ces nouvelles méthodes diplomatiques, c’est que l’on ne connaît pas encore ses limites.
Crédit photo: Truthout.org on Flickr.com
Publié dans Freedom, Human Rights, Middle East, News, Politics, USA | 2 Commentaires »
Ce samedi 23 octobre 2010 avait lieu la cérémonie solennelle d’ouverture du XIIIe Sommet de la Francophonie au bord du Lac Léman, à Montreux. De nombreux Chefs d’État et de Gouvernement étaient présents, tour d’horizon des discours de cette matinée.
La star, attendue, de cette matinée était le Président de la République française Nicolas Sarkozy. Représentant du pays symbole de la francophonie, il fut accueilli sous les applaudissements nourris de la salle mais son discours ne fut pas le plus remarquable, sur le plan des avancées à mener par les États membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Doris Leuthard, assise au premier rang aux côtés du président français fut la première à s’exprimer, représentant le pays hôte. Ce fut la francophonie classique qu’elle incarna, appelant au retour « à l’État de droit dans les pays suspendus [de l’Organisation] » ainsi qu’à « faire vivre et renforcer» ce que représente la francophonie : la diversité culturelle. La Présidente de la Confédération suisse poursuivit pourtant par la suite un discours ponctué d’allusions à une Organisation politique ayant « un rôle à jouer » et se devant de le « revendiquer ».
Sur l’aspect culturel et purement linguistique, fondement pour de nombreuses personnes de la francophonie, plusieurs orateurs, à l’image du Premier Ministre du Canada, Stephen Harper, se félicitèrent de la place du français dans le monde. Rappelant les propos de Pascal Couchepin, ancien Président de la Confédération suisse sur les derniers Jeux Olympiques d’hiver, selon lesquelles « À Vancouver, le français a reçu la médaille d’or », reflétant la place qui fut réservée à la langue de Molière. Ce fut un message général estompé, dans des discours plaçant le politique au centre, plaçant l’avenir de l’OIF dans un contexte multilatéral nécessaire.
Le multilatéralisme ambiant a été évoqué comme élément fondateur de cette francophonie présente sur les cinq continents. Sur l’interventionnisme, il fut rappelé à de nombreuses reprises la place des États membres vis-à-vis du soutien apporté à Haïti à la suite du puissant séisme de 2009 et comme l’a affirmé le Premier ministre du Canada : « la francophonie ne laissera jamais tomber [cet État] ». C’est ainsi que la Vice-Présidente de la République socialiste du Vietnam – ce pays fêtera cette année le 65e anniversaire de son indépendance – a demandé un « investissement de l’OIF en matière de prévention et de résolution des conflits ». Une proposition reprise par le Cameroun qui envisage « la création d’un fonds de solidarité d’urgence ». Il ne s’agit pas là de créer une entité en opposition à l’ONU, mais de renforcer les liens et possibilités d’intervention entre pays francophones. Il s’agit de profiter des éléments qui rassemblent ces États, ces peuples, de par leur « spécificité francophone » comme aime le rappeler Paul Biya, Président de la République du Cameroun.
Les priorités de ce sommet sont ressorties de ces discours, notamment en ce qui concerne le changement climatique rappelé tour à tour par les Présidents de la Suisse, du Cameroun et du Burkina-Faso. Les États africains ont d’ores et déjà mis en avant un sujet récurrent, et pour lequel aucune solution viable n’a été mise en œuvre : la crise alimentaire. « La francophonie ne peut rester indifférente face à [celle-ci] », c’est ainsi que Paul Biya présenta le sujet. Ce fut sans hésitation M. Campaore, Président du Burkina-Faso qui mit le mieux en exergue le problème apportant des solutions précises et concises dans un discours très clair : la solidarité francophone doit être prise en direction de la « coopération en matière de recherches » concernant l’agriculture, afin de développer, dans les pays du Sud, une « agriculture industrielle ». Cette agriculture devra bien entendu être mise en place en s’associant avec l’autre défi majeur des années à venir : le changement climatique. La base de cette solidarité doit se fonder sur « les acquis » des différents États membres. En effet, dans de nombreux domaines, ces acquis « attestent de la vitalité de la francophonie et sa capacité à tenir sa place dans la gouvernance mondiale ».
Gouvernance mondiale, un thème récurrent et logique pour l’ouverture du sommet d’une Organisation Internationale. Un élément rappelé dans le discours de Ban Ki-Moon, lu par le secrétaire général adjoint de l’ONU, selon lequel « le français est essentiel au processus multilatéral ». Un processus multilatéral qui doit lui permettre de s’affirmer et de « mettre à profit sa valeur ajouté afin de dépasser les coalitions régionales », en renforçant un « courage d’engagement fort, concret et mesurable ». Un engagement qu’a fait sien Nicolas Sarkozy, Président de la République française, appelant de ses vœux à l’entrée d’un État africain au sein du Conseil de Sécurité en tant que membre permanent, tout comme devraient l’être certaines puissances régionales sud-américaine ou asiatique.
La Francophonie mise en avant lors de cette cérémonie d’ouverture fut donc avant tout politique, car bien au-delà de la langue qui unit ces pays, c’est bien une Histoire, des peuples et des valeurs qui font ce que l’OIF est aujourd’hui, davantage encore depuis la présidence d’Adbou Diouf, félicité à maintes reprises par les différents orateurs. La Francophonie n’est donc pas lettre morte, même si elle fait pourtant figure d’organisation de petits fours. Le Sommet de Montreux a rappelé la nécessité d’une Francophonie, représentant un tiers des États membres de l’Organisation des Nations unies, qui se doit donc, à l’avenir, d’être forte et de présenter davantage de projets communs autour d’une même destinée.
Cet article a été rédigé pour eurosduvillage.eu
Crédit photo: Photoswebpm on Flickr.com
Publié dans Africa, Europe, France, Politics | Tagué Francophonie, Montreux | 2 Commentaires »
Depuis le début de l’année 2010, l’Europe a été rythmée par de nombreuses élections à l’échelon national. Les résultats ont mis en avant un élément central, au-delà des victoires des traditionnels conservateurs, libéraux ou sociaux-démocrates, l’extrême-droite fait une véritable poussée électorale.
Ce fut un réveil brutal pour les formations politiques « classiques » au lendemain des législatives suédoises de septembre dernier. Le Parti Social-Démocrate engrange un peu plus de 30% des suffrages, son plus mauvais score depuis 1921 et l’instauration du suffrage universel. L’alliance gouvernementale menée par le Premier Ministre Frederik Reinfeldt passe à côté de la majorité absolue à la Diète avec 49,3% des voix. Mais l’élément le plus important réside dans le score d’un autre parti mené par Jimmie Aakesson : les « Démocrates de Suède » qui obtient 5.7 % des suffrages, décrochant 20 sièges, une entrée fracassante au Riksdag.
Le 3 Mars 2010 ont eu lieu aux Pays-Bas des élections municipales. Le Parti Pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders a entamé une percée massive, obtenant 17% des suffrages à La Haye, ou encore 21,1% à Almere, une ville dortoir près d’Amsterdam, les deux seules villes où ce Parti a présenté des candidats. Ouvertement populiste, son leader a été poursuivi en justice pour incitation à la haine et à la discrimination. D’abord connu par un film anti-islam, diffusé sous le titre arabe Fitna, un mot qui traduit littéralement signifie « discorde » ou « querelle », le film insinue que le Coran mène les lecteurs directement au terrorisme. Le PVV a continué son ascension lors des législatives anticipées du 9 juin dernier décrochant 24 sièges, soit 16 de plus que dans la précédente assemblée. Aucun parti n’ayant la majorité absolue, les forces conservatrices et centristes ont intégré Geert Wilders à leur coalition gouvernementale.
Fin avril avaient lieu en Italie des élections régionales, cette fois-ci, au cours desquelles Umberto Bossi et son parti Lega Nord ont remporté deux régions : le Piémont et la Vénétie. Fondée à la fin des années 1980 en opposition aux abus des partis politiques de Rome, il effectue une montée croissante lors des scrutins électoraux depuis 2001. Il s’impose aujourd’hui comme l’allié le plus solide du gouvernement conservateur de Silvio Berlusconi. La méthode ? Deux jours uniquement de campagne électorale pour le ministre et tête de liste pour la région de Vénétie. « La Ligue, ici, tout le monde connaît. Elle s’est implantée méthodiquement, sur un mot d’ordre simple et efficace : le Nord d’abord et le rejet de tout ce qui viendrait menacer son identité »[1]. Ouvertement populiste et anti-immigrés, elle est un acteur majeur du paysage politique italien. On constate le même procédé en France avec les bons scores du Front National, résultats dûs, pour l’universitaire Djamel Mermat, spécialiste de ce parti, à « la présence sur le terrain, et pas seulement dans les villes-centres, et un discours euphémisé »[2].
Face à la globalisation et allant à l’encontre de la construction européenne, le Front National s’apparente à une droite réactionnaire classique, au penchant nationaliste très développé. La Lega Nord, quant à elle, incarne une droite des campagnes, attachée à la ruralité, au territoire, et ancrée dans la tradition chrétienne. Pour le parti hollandais de Geert Wilders, c’est son côté nationaliste et populiste qui le rend célèbre, avec un programme que le politologue Jérôme Jamin juge « libéral sur le plan économique et progressiste sur le plan social »[3].
Au-delà des résultats électoraux et des préjugés classiques sur l’extrême-droite européenne, que cachent les programmes politiques de ces partis ?
Le grand dénominateur commun de ces mouvements politiques réside bien entendu dans le sentiment anti-Islam. Geert Wilders voit en cette religion une idéologie qu’il « considère comme fasciste », Alessandro Savoi, dirigeant de la Ligue dans le Trentin, pense quant à lui que la religion de Mahomet représente un véritable danger pour l’Europe, « Nous ne pouvons pas permettre que les islamistes nous colonisent ». En France, le Front National joue sur l’équilibre culturel et démographique, Alain Soral affirme que « Si les musulmans en France étaient seulement 2% ou 4% il n’y aurait aucun problème. Mais quand on dépasse la barre des 10% se pose un problème d’équilibre culturel »[4]. C’est donc bien le multiculturalisme qui est ici la cible de ces mouvements, qui devient l’ennemi de leur Europe.
Désormais composante de l’alliance gouvernementale aux Pays-Bas, le parti de Geert Wilders, a influencé le projet et la feuille de route de celle-ci. Parmi les éléments-phares de sa campagne, figuraient en bonne place, notamment, l’interdiction totale de la burqa, l’interdiction du port du voile pour le personnel de la police et de la justice, le retrait des passeports pour les nouveaux immigrés en cas de délit commis dans les cinq premières années suivant l’entrée sur le territoire étatique. Sur un plan tout autant populiste, diverses autres mesures figuraient à son programme telles que le report de l’âge légal de départ à la retraite à 66 ans et non à 67 ans, deux mille cinq cents policiers supplémentaires ou encore l’introduction d’une police pour les animaux.
Le gouvernement constitué du Parti Libéral et l’Alliance des Chrétiens-Démocrates est assuré du soutien au Parlement du Parti de Geert Wilders. Pour autant, ce dernier ne fournit aucun ministre. Il n’est relié à la coalition gouvernementale que par un accord de soutien. S’agissant du fond politique, cet accord appelle à une baisse importante de l’immigration. Par ailleurs, un ministère de la Sécurité, nouvellement créé, se chargera du renforcement de la politique de sécurité. On remarque ici l’apport du PVV dans ce domaine, qui est encore plus important concernant le voile puisque pour s’assurer du soutien de l’extrême droite, la nouvelle coalition a accepté notamment l’interdiction du port de la burqa. On assiste, d’une façon globale, à la très forte droitisation de la politique gouvernementale aux Pays-Bas, conséquence logique de l’intégration du PVV, désormais 3e force politique du pays.
En France, les partis d’extrême-droite ont désormais repris les thèses développées par un mouvement ultra-radical : le Bloc Identitaire. Faible dans les urnes, le groupe est bien présent médiatiquement. On a ainsi pu assister le 1er mars dernier, au détournement de l’appel à la journée sans immigrés (destiné à montrer que les immigrés participent à l’économie française) avec un slogan choc « 24 heures sans eux, pourquoi pas toute l’année ! ». Pour Jean Yves Camus, politologue à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), ce discours « a pu se développer dans une Europe incertaine, malade du point de vue économique, apeurée par la mondialisation et du déclin de la place centrale de l’Europe qu’elle risque de provoquer »[5]. L’Europe que ces mouvements privilégient est celle d’une civilisation, d’une histoire commune. Ils privilégient la construction d’une Europe fédérale, basée sur les Nations existantes et ses provinces chargées d’histoire, en opposition à l’Europe des technocrates.
De manière globale, l’Europe fait face à un déséquilibre dans son système politique. La traditionnelle balance gauche-droite se heurte à une intégration européenne toujours plus forte, se traduisant chez les citoyens lambda par la montée des peurs de l’autre, de l’étranger, de la multiculturalité, de l’Europe. Ainsi, les partis populistes répondent au besoin des populations d’être rassurées comme on le voit par les nombreuses similitudes de ces partis, sur le plan idéologique, sur la méthode et sur l’aspect communicationnel. Au fond, on voit apparaître une dichotomie que l’on avait pendant longtemps oubliée, non pas le classique droite-gauche développé dans l’ensemble des démocraties européennes mais bien une dichotomie système-antisystème. Les partis populistes incarnant bien évidemment ce dernier concept.
Cet article a été rédigé pour eurosduvillage.eu
[1] Les braves garçons de la Ligue du Nord, Philippe Ridet, Presseurop, 26 Mars 2010, http://www.presseurop.eu/fr/content/article/218751-les-braves-garcons-de-la-ligue-du-nord
[2] La campagne du Nord du Front National, Stéphanie Maurice, Presseurop, 23 Mars 2010, http://www.presseurop.eu/fr/content/article/215461-la-campagne-du-nord-du-front-national
[3] Lapia, Roberto, Droite populiste à l’occidentale: identitaire, antisystème et islamophobe, CafeBabel.com, http://www.cafebabel.fr/article/32968/la-droite-populiste-a-l-europeenne.html
[4] Idem.
[5] Vigouroux, Céline, Le Bloc Identitaire : la nouvelle droite populiste française, CafeBabel.com, http://www.cafebabel.fr/article/32963/bloc-identitaire-la-nouvelle-droite-populiste.html
Crédit photo: Gueorgui Tcherednitchenko on Flickr.com
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