Continuant leur ignoble stratégie de déstabilisation du Moyen et Proche Orient, les Etats-Unis, représentés par Mme Rice, ont annoncé se rendre en Egypte avec un projet de vente d’armes d’un montant de près de 20 milliards de dollars (près de 14 milliards d’euros) aux six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Emirats arabes unis, Bahreïn et Oman). Ce projet à pour objectif d’“aider les forces de modération et de soutenir une stratégie plus globale visant à contrer les influences négatives d’Al-Qaida, du Hezbollah (libanais), de la Syrie et de l’Iran”.
Après les différentes guerres du Golfe, l’augmentation de l’apport militaire à Israël ou encore les différents coups d’états montés dans divers pays du monde, les gouvernements américains restent dans la même lignée.
Les différents pays de la région, concernés par la “sollicitude” américaine, n’ont pas mis longtemps à réagir . Ces derniers, à la différence des Etats-Unis, ne traitent pas en bloc de la même manière hostile les organisations et les pays désignés par Mme Rice comme des “adversaires” et confondus dans une même mise en quarantaine par les Etats-Unis pour “terrorisme” ou “soutien au terrorisme”. L’Iran, qui s’est senti visé par le projet de vente d’armes américain a été le premier à réagir. Téhéran s’est empressé de dénoncer un projet “pyromane”, qui vise à “semer la peur entre les Etats de la région et à les diviser, dans le but de commercialiser les armes américaines”. Cette qualification du projet est d’ailleurs tout à fait de circonstances et parfaitement exact !
Plusieurs membres de la coalition gouvernementale allemande ont éégalement réagit, dont le président de la commission des affaires étrangères du Parlement, le chrétien-démocrate Ruprecht Polenz : “Lorsqu’on ajoute des explosifs à une poudrière, on augmente le risque et on n’améliore pas la sécurité de la région” considèrant que l’Iran risque d’être également incité à se réarmer aussi. Quant au secrétaire général du Parti social-démocrate, Hubertus Heil, il a critiqué le choix de M. Bush de “dangereux” et propre à aggraver une “situation instable”.
Il faut noter qu’aucun des pays destinataires de l’offre américaine n’ont réagit jusqu’à présent. Quelles que soient les suspicions et les divergences réelles qui les opposent à la Syrie, à l’Iran, ou encore au Hezbollah, les pays membres du Conseil de coopération du Golfe cherchent à trouver des solutions politiques, malgré des poussées de tension épisodiques plus ou moins graves. Leur objectif est de prévenir de nouveaux foyers de conflit dans une région déjà fortement perturbée par la situation en Irak, en Palestine et au Liban. C’est ce qui dicte leur refus d’une éventuelle intervention militaire américaine contre l’Iran soupçonné d’avoir orienté son programme nucléaire à des fins militaires.
Une chose est sûr, les Etats-Unis devraient vite faire preuve d’écoute à l’égard des différents pays du Golfe et reconsidérer leur offre en se dirigeant vers un processus de paix. Cependant, ne soyons pas utopiste, ce changement ne pourra avoir qu’avec une unité des pays du Golfe, de l’Union Européenne, de la Ligue Arabe et de la Communauté Internationale face à l’actuel projet des Etats-Unis.
Louis LEPIOUFLE












