Face à l’impressionnante décision de la Fed d’abaisser son taux directeur de 0,75 %, je reproduis ici un commentaire de Martin Hutchinson paru sur le site économique Breakingviews.com
La décision de Ben Bernanke d’abaisser par surprise son taux au jour le jour de 75 points de base a enrayé la panique. En dépit de possibles autres baisses de taux à venir, l’initiative de la Réserve fédérale (Fed) – combinée avec le paquet fiscal pour soutenir la croissance de l’administration Bush – consomme une grande partie des munitions dont dispose le gouvernement pour lutter contre la récession. Cela peut être judicieux, après tout : le meilleur moment pour arrêter un retournement de conjoncture, c’est avant qu’il ne se transforme en débâcle.Mais si cette tactique ne parvient pas à soutenir les marchés du logement et du crédit aux Etats-Unis, le gouvernement n’aura plus beaucoup d’options à sa disposition. Et la décision de la Fed présente le risque de provoquer une flambée de l’inflation allant, pourquoi pas, jusqu’à deux chiffres. Ce qui pourrait d’ailleurs au passage bien aider les ménages américains surendettés.
La baisse des taux par la Fed est la première décidée en urgence, sans réunion de son Comité de politique monétaire, depuis septembre 2001, et la plus forte en une seule fois depuis 1982. La banque centrale explique que la détérioration de la situation sur les marchés financiers, l’aggravation de la crise de l’immobilier et le ralentissement des créations d’emplois justifient son initiative. Les taux d’intérêt à court terme sont maintenant bien inférieurs à la hausse des prix à la consommation, qui dépasse 4 % en rythme annuel.
Cette baisse du coût de l’argent, accompagnée de mesures fiscales qui représentent environ 1 % du produit intérieur brut (PIB) américain, peut relancer rapidement et fortement l’activité. Mais ces décisions ne vont pas soutenir l’économie là où c’est le plus nécessaire.
Elles feront très peu pour aider les ménages emprunteurs de crédits immobiliers à risques (subprimes) incapables de faire face à leurs échéances. D’autres baisses de taux et d’autres aides fiscales ne seront d’aucun secours tant que ces emprunteurs ne seront pas capables de se refinancer ou de vendre leurs maisons. Et cela devrait prendre du temps.
Finalement, une flambée inflationniste serait bien utile, en rendant les remboursements des crédits plus faciles et en dévaluant les prix des logements. Bien sûr, une inflation à deux chiffres serait un désastre pour le reste de l’économie, mais bon : un problème à la fois.












