Barack Obama a – enfin – réalisé son premier discours sur la question raciale aux Etats-Unis d’Amérique à Philadelphie le 18 Mars dernier. Prononcé face au Hall of Independence of Philadelphia, le candidat à la candidature pour le Democratic Party a pris ses distances avec le pasteur Wright, à l’origine d’une controverse1 qui avait mis Barack Obama au creux de la vague. Il a également réaffirmé l’esclavage dans l’Histoire des Etats-Unis tout est se positionnant dans un avenir sain, d’égalité et de justice. Considérant que la Constitution américaine “portait la tache du péché originel de ce pays : l’esclavage, une question qui divisait les colonies et qui paralysa la convention jusqu’à ce que les Pères fondateurs décident d’autoriser le commerce des esclaves à se poursuivre durant au moins vingt années, et de laisser la décision finale aux générations futures.“2 ; il s’est également posé en rassembleur, un discours avec une pointe d’idéalisme allant jusqu’à vouloir “poursuivre la longue marche de ceux qui nous ont précédés, une marche pour une Amérique plus juste, plus égale, plus libre, plus attentionnée et plus prospère. J’ai décidé de me présenter à la présidence à ce moment de l’Histoire car je suis profondément convaincu que nous ne pourrons résoudre les défis de notre époque si nous ne les résolvons pas ensemble – si nous ne perfectionnons pas notre union en comprenant que nous pouvons avoir des histoires différentes, mais que nous entretenons les mêmes espoirs ; que nous pouvons avoir un aspect différent et ne pas tous venir du même endroit, mais que nous voulons tous aller dans la même direction – vers un meilleur avenir pour nos enfants et nos petits-enfants“2.
Le sénateur Barack Obama conclut son intervention par un discours révélateur d’une volonté de simplicité, relativiste mais néanmoins dénué de toute volonté de perdre. Fédérateur, engagé et révélant une volonté d’unir l’Amérique en dépassant ces clivages raciaux – tout en les mettant en valeur puisqu’ils font la force de l’Amérique de part la puissance multiculturelle du pays, de part les origines, les pensées et les volontés d’aller vers l’avant, tous ces atouts que souhaite développer Barack Obama lors du 44ème mandat de Président des Etats-Unis d’Amérique, personne ne peut les nier et ils marquent une réelle volonté de se tourner vers l’avenir.
Même si son discours pointe des références à Dieu dont je ne suis pas un fervent supporter, Obama s’est adressé au peuple américain à propos d’un sujet dont il faisait l’objet de nombreuses critiques. Souvent évité, il a fini par dévoiler sa vision globale de la question raciale aux Etats-Unis d’Amérique dans un discours symbolique et dénué de toute utopie comme le présente sa conclusion : “Contrairement à ce que prétendent certains de mes adversaires, blancs ou noirs, je n’ai jamais eu la naïveté de croire que nous pourrions dépasser nos divisions raciales en un seul cycle électoral, ou grâce à une seule candidature – surtout avec une candidature aussi imparfaite que la mienne.
Mais j’ai voulu affirmer une conviction profonde – une conviction enracinée dans ma foi en Dieu et dans ma foi dans le peuple américain –, la conviction qu’en travaillant ensemble nous pourrons dépasser quelques-unes de nos vieilles blessures raciales, et qu’en réalité nous n’avons pas le choix si nous voulons progresser sur la voie d’une union plus parfaite.”
1 “Un encombrant pasteur”, Julie Connan, LeFigaro.fr, 2008 March 15
2 “Nous, le peuple, en vue de former une union plus parfaite”, Barack Obama, traduit de l’anglais par Gilles Berton, Courrier International, 2008 March 28













