Mai 68, la médiatisation sur fond de forme
avril 25, 2008 par louis lepioufle
Pourquoi un titre aussi peu clair sur un sujet aussi vaste et extrêmement complexe ? Simplement parce qu’au vu de la médiatisation de Mai 68 dans les différents médias aujourd’hui, on constate un regard retrograde sur une avancée majeure de l’Histoire de France.
Bien sûr, je ne suis pas de ceux qui prône la constante pensée qui consiste à faire du passé le meilleur élément qui serait préférable à aujourd’hui… Mais pourtant, je pense que les valeurs prônées durant cette période ont toute leur signification et doivent subsistées ! Pourquoi faire un article sur le sujet quant un autre blog l’a déjà fait ? Je reproduis donc ici, non pas par flemme mais parce que ces propos me semblent exact, l’article de Valerio Motta :
Je vous préviens tout de suite que le vaste exercice d’auto-promotion de la génération 68 par elle-même me gave avant d’avoir commencé. En passant à côté de la Sorbonne avec Antoine Détourné tout à l’heure, j’ai pu en mesurer tout l’ironie. De bien belles photos, de révolutionnaires en noir et blanc, déterrant les pavés, brandissant les drapeaux. Sponsorisées. SFR et quelques autres. Je n’ai pas eu la mémoire ni l’envie de retenir cela. Ni même d’expliquer ou d’affiner toute la dérision que l’on peut trouver dans ce triste étalage. On va voir le pire et le plus désagréable pendant un mois. Toute cette pseudo gauche médiacrate embourgeoisée qui s’est accaparée tous les leviers pendant quarante ans, pour échouer lamentablement dans bien des domaines, s’aperçoit que ses tempes grisonnent. Elle va feuilleter son album de souvenirs jaunis, se rappeler du bon vieux temps en faisant comme si ses souvenirs de révolte du Quartier latin étaient ceux de la Nation tout entière. Relira-t-elle La Société du spectacle ?
Cette génération politico-médiatique est tellement décrédibilisée aux yeux du pays que la droite ne va peut être pas même recherche un combat frontal par un énième procès de Mai 68 mais tenter une pathétique récupération du thème du mouvement. Oh, bien sur ce serait tout aussi risible que l’auto-congratulation. Mais Kouchner montre que des trajectoires improbables sont possibles. Après tout, la droite sarkozyste est héritière du pire de l’héritage que 68 a engendré dans la société française. Libérale et jouisseuse, spectaculaire et médiatique, sans complexe et arrogante, cette droite sent bien qu’elle détient de faux papiers lorsqu’elle exhibe encore des dehors gaullistes.
Point de dénit dans mon propos contre ce que l’on verra finalement peu de mai 68 en mai 2008. Le mouvement social d’ampleur, les mobilisations ouvrières et les conquêtes sociales. La fin d’une société autoritariste et la poursuite de la séparation des églises et de l’Etat dans les faits et dans les esprits par une évolutions des moeurs et des normes sociales remettant en cause la société patriarcale et judéo-chrétienne. Bien d’autres choses. Les conquêtes salariales. Les évolutions politiques. Tout ces éléments qui ne sont pas des shows isolés mais qui, mis ensemble par la marche des hommes font l’histoire des nations. Et pas seulement une suite de unes du Nouvel Obs. A-t-on vu il y a deux ans des titre à n’en plus finir sur les 70 ans de juin 36 ? Les éditorialistes à la cinquantaine bien tassés se sont ils intéressés il y a quelques semaines à ce qu’avait porté dans la société française le mouvement contre le CPE, qui, à bien des égards, fût un des plus importants de ces deux dernières dizaines d’années ?
François Mitterrand avait peut être tort de voir dans les manifestants du quartier latin des grappes de “futurs notaires”, là où s’agitaient des éditorialistes, de futurs ministres, PD-G, tenants d’autre formes d’ordre établi. L’ironie qu’il perçevait de la situation en était toutefois juste.
Je viens d’ailleurs de voir l’excellente soirée consacrée à Mitterrand et Vichy. Elle rappelle le passé compliqué de notre vieille Nation. Les moments de l’histoire où il faut savoir franchir des gués parfois contre soi-même, son éducation, ses réflexes, l’opinion d’un moment ou d’un lieu. La force et la faiblesse des hommes révélés par les épreuves et les fortunes du temps. Elle m’a fait penser à mon grand-père, Alexis Ben Rebby, résistant à qui je veut rendre hommage ce soir. A ce que notre drapeau porte , à notre identité nationale, faite de grandeurs et de misères, mais surtout à la gloire de ceux qui firent les bons choix, bien plus qu’aux infâmes gesticulations d’Hortefeux.
Et je twitte. Alors voilà Laurent, pour ce que nous oublions, pour la futilité de ce que nous entendons, voilà pourquoi je trouve que les temps actuels sont bien médiocres.


















