La fin de la bataille interne au camp démocrate pour remporter l’investiture du Democratic Party semble proche, Hillary Clinton se voyant en effet dans l’impossibilité de remporter les suffrages suffisants… Mais, bien que soutenant Barack Obama et le Democratic Party en général, le marketing viral qui envahit la campagne Outre-Atlantique me choque quelque peu !
Les Etats-Unis sont bien connus pour leurs penchants sexy tout en se montrant chaste sur certains sujets… Les exemples qui suivent sont tout à fait révélateur de ce paradoxe ! En effet, on observe souvent, dans tous les pays du monde, que les citoyens ont parfois tendance à se désintéresser de la politique, qu’ils faut les y amener, les encourager à s’y investir par des motifs ou via des campagnes marketing souvent troublantes…
C’est ainsi qu’on a vu apparaître la fameuse Obama Girl qui fait fureur aux USA, et on ne s’en étonnera pas lorsque l’on observe ses différentes vidéos… Notamment la désormais célébrissime “I Got A Crush… On Obama” qui n’a aucune résonnance politique mais uniquement une apellation sexy qui intéresse une certaine couche de la population américaine au candidat Obama. Le staff de la sénatrice Clinton n’a pas tardé à réagir en sortant lui aussi son “I Got A Crush… On Hillary” interprêté par Davedays. N’en déplaise à certains, la fameuse Obama Girl est revenu à l’attaque il y a quelques semaines, après avoir tourné dans toutes les émissions de télé américaine, avec “Hillary! Stop The Attacks! Love, Obama Girl” :
Si cette manière d’amener les citoyens à la politique fonctionne… Il n’en reste pas moins qu’elle réduit à néant les nécessaires efforts “d’élévation” du débat politique. Questions people, sexe, drogues, le peuple en a toujours raffolé mais il convient de réduire ces débats afin d’emmener les citoyens vers des débats d’idées, de forger leurs esprits critiques et de construire réellement le monde de demain !














Il ne s’agit plus en politique de penser juste ni de répondre aux vrais problèmes, il s’agit plutôt de faire illusion et de jeter de la poudre aux yeux, poudre sexy si possible.
Cela me rappelle aussi un extrait d’un roman que j’apprécie beaucoup et que j’ai souvent nommé dans ce blog : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. L’auteur imagine une société future dirigée par une dictature. Les livres et les auteurs sont traqués. L’Intelligence a cédé la place à la Bêtise et les citoyens s’accomodent de la futilité la plus absurde, témoin ce passage du début de la deuxième partie qui met en scène trois femmes :
- J’ai voté aux dernières élections comme tout le monde et je n’ai pas caché que c’était pour le président Noble. Je crois que c’est un des plus beaux présidents que nous ayons jamais eu.
- Il faut dire que celui qu’ils présentaient contre lui …
- ça, il n’avait rien de terrible, le genre court sur pattes, aucun charme, l’air de ne pas savoir se raser ni se coiffer correctement.
- Quelle idée ont eue les autres de le présenter ? On ne présente pas un nabot pareil contre un grand gaillard. En plus, il parlait entre ses dents. La moitié du temps je n’entendais pas un mot de ce qu’il disait. Et les mots que j’entendais, je ne les comprenais pas !
- Et bedonnant avec ça et pas fichu de s’habiller de façon à dissimuler son embonpoint. Pas étonnant que Winston Noble ait remporté une victoire écrasante. Même leurs noms ont joué. Comparez dix secondes Winston Noble et Hubert Hoag et vous pouvez prévoir presque les résultats. ( Note de l’éditeur : « Hoag » fait penser à « hog » : porc, verrat)…
Intrepid says : I absolutely agree with this !