La question du Congrès est toujours un temps fort du Parti Socialiste, mais cette fois-ci elle est différente, changera, je l’espère, le paysage politique et français, les méthodes d’actions, mais également la vision du pouvoir par chaque citoyen lambda !
Les médias s’en sont dors et déjà emparé, en témoigne d’ailleurs le récent article du Figaro sur “Le pas de deux d’Aubry et de Delanoë” qui met en relation deux citations de chacun des personnages politiques qui, pour faire court pour Martine Aubry se résume à “Nous avons, je crois, l’essentiel en commun” et pour Bertrand Delanoë “Sur le fond, je suis d’accord avec les idées de Martine”… D’accord me direz vous… Mais quel est le fond et quelle est la forme alors ? Quel est le contenu, le projet à venir du Parti Socialiste sur lequel tous deux semblent sur l’ensemble sur rapprocher ?
S’agissant de Martine Aubry, pour faire court, je reprendrais un extrait d’une de ces allocution (disponible dans son intégralité ici) lors de la conclusion de la table ronde sur le thème du “pacte républicain” lors du colloque des Reconstructeurs :
[...] à cette France d’individus livrés à eux-mêmes, nous opposons une société de citoyens, c’est à dire d’hommes et de femmes dotés de droits réels, donnant à chacun les moyens de prendre sa vie en main, mais devant aussi respecter les règles et les autres ; une société d’hommes et de femmes porteurs d’identité : la culture, l’orientation sexuelle, l’attachement à son territoire, mais aussi porteurs de valeurs collectives, de laïcité, de solidarité et de tolérance. Pour réussir cela, le travail est immense. Il nous faut réconcilier les aspirations individuelles et les protections collectives, réinventer les réponses d’aujourd’hui. En effet, le monde a changé. Nous devons le regarder.
Notre projet doit prendre en compte l’éclatement de la famille, les changements de métiers et d’entreprise, l’augmentation de l’espérance de vie imposent par exemple d’inventer de nouvelles protections. De nouvelles réponses : révolutionner l’Etat et les services publics. Nous n’avons pas travaillé. Nous devons trouver des réponses personnalisées en matière pédagogique et d’accompagnement de chaque enfant à l’école, nous devons mettre en place une sécurité professionnelle tout au long de la vie, pour permettre à chacun de progresser et de voir augmenter sa rémunération.
Mais nous devons aussi convaincre les français qu’il nous faut dépenser plus en matière de santé et d’éducation dans un pays développé, [...]
Martine Aubry
Cependant, chez les Reconstructeurs, certains propos choque ma vision économique… mais aussi politique ! En effet, dans le compte rendu de l’Atelier n°2 des Reconstructeurs qui s’est déroulé le 1er Juin, on observe que pour eux, “il est temps de reconstruire le parti de « l‘émancipation de l’individu et de la transformation sociale ». « Là où il y a des destructeurs, des liquidateurs, il faut pacifiquement des reconstructeurs ». Par nature, le PS est loin de l’esprit du libéralisme.” Or le Parti Socialiste est à mon sens pour la liberté de chacun. Dans le respect de certains règles bien entendu, mais le Parti Socialiste n’a pas que faire de la liberté de penser, de la liberté d’expression, de la liberté de circulation des personnes, de la liberté de presse, politique, et de tant d’autres. Le libéralisme n’est pas uniquement économique, c’est une vision que les Philosophes des Lumières ont défendus et donc dont tout démocrate (dans le sens de défenseur de la démocratie) doit se réclamer !
S’agissant de Bertrand Delanoë, son histoire (rattaché, pour partie, à Lionel Jospin) mais également son actualité (le fait que l’ancien Premier Ministre soit dans son staff) me fait prendre des précautions, non pas que je n’aime pas M. Jospin mais que je diverge sur certains points au niveau de la pensée… Cependant, il convient d’observer un élément important. Pur coût médiatique, il est vrai, il n’en demeure pas moins très intéressant que Bertrand Delanoë rapproche le Parti Socialiste du libéralisme, concept qui à l’origine lui était propre ! On constate également des éléments relativement intéressant sur son blog comme cette vidéo de Kader Arif (n°3 du PS) concernant la mondialisation… Même si la deuxième partie de la vidéo sur l’Europe joue un peu trop sur l’aspect d’Europe social tant voulu, non pas que je ne la souhaite pas mais, à mon sens, elle devra être précédée d’une Europe de la Défense et d’une Europe beaucoup plus politique.
Pour clore le sujet, on ne peut passer outre Ségolène Royal, je m’intéresserai ici à sa vision du libéralisme… Aucun besoin d’analyse, voyez par vous-même, les commentaires ne sont pas nécessaires…
“[…] Ce que je pense, simplement, c’est qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redonner de la modernité, un nouveau souffle au socialisme. Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques et je crois que le socialisme a déjà intégré tout l’héritage des droits et des libertés individuelles. Les socialistes et la gauche sont issus de la déclaration de 1789, de la Convention européenne de droits de l’Homme, du combat de JAURES pour DREYFUS, du combat de François MITTERRAND et de BADINTER contre la peine de mort, donc les droits et les libertés individuelles font partie de notre patrimoine commun. C’est très important, faut-il aller donc jusqu’à réhabiliter ce mot de libéralisme ? Non ! […]“
Ségolène Royal, Dimanche +, 2008, 25 Mai
Bien sûr, ce sujet ne sera pas l’unique point qui fera que tel ou tel personne sera la ou le futur(e) Premier Secrétaire du Parti Socialiste, mais, ne l’oublions pas, il est important et reflète l’orientation générale de la vision d’une personne. Tous les prétendants ne sont pas dans ce post, certains ne font pas de bruit mais font pourtant, sur certains sujets, des déclarations profondément réfléchies et pertinentes comme le Député-Maire d’Evry…
Sur le sujet :
- Les vidéos de Delanoë à Quimper disponibles sur pink-elephant.net
- Le site des Reconstructeurs
- Le site de Bertrand Delanoë
- Le site de Ségolène Royal
- Petit guide des éandres du PS sur LeMonde.fr













