Après de multiples tentatives de modifications en profondeur du système éducatif français, c’est un ministre UMP, Xavier Darcos, qui semble réussir le coup. L, ES, S et toutes les autres filières vont-elles disparaîtres ? La fin du cloisonnement littéraire, scientifique, économique ? Ouf, ça fait du bien à entendre !
Qui aurait cru, il y a plusieurs années, qu’un gouvernement de type conservateur, ultra-libéral sur les bords aurait pu s’inspirer, voire plus, d’un système nordique, qui plus est finlandais pour transformer notre système, notre lycée ?
Le Figaro en parlait hier comme un lycée à la carte, même si les éléments sont peu nombreux aujourd’hui et parfois flou, chacun conviendra que cette réforme a du bon, beaucoup surtout ! Faisons d’abord état de ce qui se fait aujourd’hui en France : des élèves cloisonnés dans des matières, dans différents objectifs, avec une ouverture qui passe du simple au double suivant que l’on passe par un profil littéraire ou scientifique. Car oui, c’est bien ça le problème aujourd’hui, les années lycées sont les plus propices à l’ouverture, à la découverte, c’est celles-ci qui nous projettent dans l’avenir, qui nous amènent en partie à ce que nous sommes. Et on les gâchent en claquant des doigts, en enfermant l’élève dans un condensé de matières qui, bien sûr lui serviront, mais qui ne le construisent pas dans son ensemble.
Au lieu d’être la fin du système scolaire de base avant l’entrée vers l’université ou diverses écoles, le lycée se veut devenir la passerelle vers l’Université, quel bon choix. Ainsi, comme l’explique Le Figaro, “le principe est simple : chaque lycéen élaborera, en fonction de ses compétences, de ses centres d’intérêt mais aussi de règles prédéfinies, son «menu» du semestre. [..] Pour plus de souplesse, l’année sera divisée en deux semestres. Si les choses ne sont pas encore finalisées, l’hypothèse sur la table est que l’élève pourra choisir 9 modules de trois heures par semaine chacun, soit 18 modules par an. Les lycéens devront suivre 11 modules du tronc commun – français, mathématiques, deux langues vivantes, éducation physique et sportive et histoire-géographie – 4 modules d’«exploration» – tels que la physique, les sciences de la terre, l’informatique, les matières artistiques, les langues anciennes ou encore les matières technologiques – et enfin 3 modules de soutien individualisé.”
Un système qui a déjà fait ses preuves en Finlande, mais le point négatif que l’on voit immédiatement concerne les langues… 2 langues vivantes dans le tronc commun ? Et pour des langues supplémentaires ? Où sont les langues optionnelles si elles ne sont pas anciennes ? Et enfin… Ce que l’on peut regretter, même si l’on peut espérer des changements puisqu’il ne s’agit pas du projet définitif, ce sont les activités extra-scolaires intégrées dans le “temps scolaire” à la manière du système allemand. Puisque la modification du système touchent également le volume horaire, il devrait par exemple, en classe de seconde, se situer à 975 heures par an, soit 27 heures par semaine – c’est la moyenne des pays de l’OCDE. Cette diminution devrait pouvoir s’accompagner d’une mise en place de multiples activités extra-scolaire intégrés dans le temps scolaire, c’est à dire par la différence de volume horaire que l’on obtiendra entre les 27 heures dans l’avenir et les 35 heures qui peuvent avoir lieu aujourd’hui..
Enfin, à trop vouloir s’inspirer du système finlandais, on pourrait aboutir à copier-coller ses défauts ! En effet, sur ce point, il conviendrait de s’inspirer du système de certains États américains où l’élève est suivi et conseillé par un véritable conseiller personnalisé qui l’aide dans ses choix concernant les dominantes à choisir, etc. Cela permettrait d’aboutir à un lycée à la carte pour le lycéen, tout en le préservant de se perdre dans ses cours, dans ses choix.
La réforme est sur une bonne voie… reste à voir les propositions définitives mais également les attributions de personnels et les moyens mis en place.
A lire sur ce sujet : “Le système scolaire finlandais“, par Marine Tondelier, 2006 December, HelviCom
Crédit photo : Wuppertrol on Flickr.com














Je suis pas aussi optimiste que toi..
1) Je pense pas qu’il y aura une réelle liberté pour le choix des matières, en tout cas pour tout ceux qui ont besoin de dossier pour intégrer une école après le bac, il y aura des modules plus que conseillés à prendre.
2)Après la réduction du nombre de cours, je vois plutôt ça comme un moyen d’avoir moins de prof que comme une stratégie pédagogique…
voila
@ Maxime :
1) Bien évidemment certaines matières seront plus conseillées que d’autres mais les élèves, suivant des conseils, auront un choix d’options qui permettra de les ouvrir et non plus de se cloisonner dans une filière “scientifique”, “littéraire” ou autre comme toi et moi l’avons fait !
2) Si l’objectf du gouvernement est, derrière la réduction du nombre d’heures de cours, la réduction du nombre de professeur, c’est vrai que c’est regrettable, mais on ne peut néanmoins que se féliciter de la réduction du nombre d’heures de cours hebdomadaire pour les élèves, qui s’alignent ainsi sur les plus grands pays de l’OCDE en matière de réussite éducative.
Bien entendu je ne te cache pas que la réduction de postes ne fera pas avancée ni progressé les élèves mais… l’espoir fait vivre maxime…
J’ai lu ya quelques jours que Darcos avait dit en privé que le principal objectif de toutes ces réformes étaient de réduire le nombre de postes dans l’éducation nationale. Donc peut être que ce sera mieux après mais la volonté n’est pas vraiment là
Je ne crois pas trop à la réussite de ce projet Louis.
Les 2 raisons énoncées par Maxime sont réalistes,
“c’est vrai que c’est regrettable, mais on ne peut néanmoins que se féliciter de la réduction du nombre d’heures de cours hebdomadaire pour les élèves, qui s’alignent ainsi sur les plus grands pays de l’OCDE en matière de réussite éducative.”
On ne peut se féliciter de la réduction du nombre d’heures d’enseignement.
Certaines matières ont vu leur nombre de postes au CAPES divisé par 4 en 5 ans…
Pour moi, l’enseignement est clairement régit par l’équation suivante:
Elève+Proff=enseignement.(1)
D’autres facteurs entrent en jeux,comme la fatigue de l’élève face à une semaine de 32 heures de cours( même si je n’ai pas le souvenir que mes années lycées ont été marquées par un travail acharné , mais je peux me tromper) , ou encore la motivation , les capacités de l’élève, sa classe sociale, etc…
Mais j’ai du mal à comprendre comment peut-on améliorer notre système d’éducation en supprimant 11200 postes dans l’enseignement.
D’après (1), une éducation idéale serait:
Une classe peu nombreuses d’élèves intéressé motivé, ayant acquis un bon niveau de connaissances dans les classes inférieurs, au parcours suivis régulièrement+un professeur heureux de ses conditions de travail motivé et intéressé=Bon enseignement (2)
La réduction du nombre de prof entraine forcément une modification des variables de l’équation précédemment citée.
Comment un professeur enseignant dans une classe surchargé peut-il être efficace?Comment un élève ayant reçu cette enseignement durant toute sa scolarité peut-il garder une telle motivation et être correctement suivis, même si l’on rajoute une ou deux années supplémentaires dans l’enseignement secondaires?
Autre chose Louis, savais-tu ce que tu voulais faire en seconde?
Si oui, ce n’est pas le cas de tout le monde, le système actuel, même s’il est loin d’être idéal ,permet tout de même aux élèves de bénéficier d’un temps de réflexion sur son avenir.
Personnellement je n’aurais pas pu choisir mes modules en troisième, hésitant entre la filière littéraire et scientifique.
Le système dont tu vantes les mérites aurait les mêmes défauts que le précédent.
L’élève comme le disait Maxime qui est intéressé par une école sur dossier choisira les modules qu’il convient.Il sera obligé de choisir des matières dont il n’est pas passionné.
L’élève qui veut s’orienter vers l’université ne pourra pas choisir que”Français ou Anglais”… car notre système actuel a le mérite de permettre aux élèves d’acquérir un niveau minimum d’éducation.
Il y aura la même sélection que l’on trouve en ce moment.
Un enseignement généraliste permet d’augmenter le niveau d’ensemble de l’élève.
Pour un bon élève, ces modules auront peu d’influence sur son niveau, mais pour un élève en difficulté, choisir sa filière en première et retarder le choix de son orientation, lui a permis d’engranger des connaissances qui lui seront utile toute sa vie…
Voila, premier post sur ton blog Louis
Nouveau: une critique de cet article par simple collage:
“chacun conviendra que cette réforme a du bon, beaucoup surtout !”
“Un système qui a déjà fait ses preuves en Finlande”
“Et on les gâchent en claquant des doigts, en enfermant l’élève dans un condensé de matières ”
“son «menu» du semestre”
“la moyenne des pays de l’OCDE”
@Tangi :
Je ne me suis jamais félicité de la baisse du nombre d’enseignants, simplement de la baisse du nombre d’heures de cours. Je te rejoins totalement sur le fait que classe peu chargé, plus prof motivé égal bon enseignement.
Mais quant à ton argument sur le fait de ne pas savoir quoi faire en 3ème, il ne tient pas. Tout simplement parce que cette réforme offre un tronc commun diversifié, avec des bases. Alors oui il y a des défauts comme par exemple le manque d’options facultatives ou encore le faible nombre de langues enseignées.
Quant aux écoles sur dossier, j’ai toujours préféré la fac aux CPGE, Grandes écoles, etc… Cette réforme doit aller de pair avec une réforme visant l’excellence des Universités. C’est pour cela que j’ai fait la comparaison avec la Finlande. Cette réforme se rapproche du système finlandais et les meilleurs élèves vont à l’Université en Finlande… Je n’ai pas besoin de parler ici des résultats des Universités finlandaises, de leurs classifications et de leurs renommés, tu le sais autant que moi.
@7dav77 :
La prochaine tu feras des phrases claires, cela me permettra de te répondre et de te comprendre !
bonjour a vous tous